 |
L’Etat africain, le développement inégal et la question nationale
Les récents débats qui agitent la scène politique africaine sur le gouvernement fédéral africain dont le sommet tenue à Accra a été la consécration, est pour nous une opportunité de développer ici quelques réflexions sur la question du développement inégal, de l’Etat et de la nation en Afrique. L’idée est de contribuer à la clarification des enjeux de cette polémique.
1- Développement inégal et déstructuration sociale
Les rivalités inter-impérialistes ont poussé les différentes puissances au partage du continent africain entre elles. Le découpage artificiel des grands espaces socioculturels et politiques traditionnels donnera naissance à des micro-Etats. Ebénézer Kotto Essome décrivait ainsi le résultat de ce partage colonial : « Les 52 Etats, nés pour la plupart de la grande décolonisation des années 60 n’ont trouvé leurs frontières ni dans le tracé des régions géographiques naturelles, ni dans la genèse de l’histoire du continent, mais seulement dans
l’histoire européenne du 19° siècle. Bref, ces frontières autour desquelles se développent Chaque jour des conflits ne sont que l’héritage du jeu des chancelleries européennes du 19è siècle. » (1978, L’Afrique ou l’identité perdue)...
Lire la suite ...
|
 |
|
| |
 |
Les anciens chefs d’Etat africains
ont-ils droit à un statut après
leur départ du pouvoir ?
Dans son ouvrage « Les chemins de ma vie », l'ancien Président de la République de la Côte d'Ivoire M. Henri Konan BEDIE raconte que lorsque le Président Léopold Sédar SENGHOR a quitté volontairement le pouvoir, le Président Félix Houphouët BOIGNY lui avait confié : « moi, je n'aime pas ces histoires d'ancien Président » (1). Le Président Houphouët BOIGNY n'avait peut-être pas tort dans un environnement politique où « les devenirs postprésidentiels » étaient incertains (2).
Pour illustrer cette situation, dans son étude consacrée à la question, Sandrine PERROT montre que souvent les anciens Présidents sont « mis hors circuits » par des exécutions, des mises en
détention, des exils. Elle explique que ceux qui ont pu éviter ces fins malheureuses ont été
contraints ou amenés à se reconvertir dans d'autres domaines pour assurer leur survie. Ainsi, il y a eu des « reconversions économiques », des reconversions dans les activités internationales ou même des « reconversions religieuses ». D'autres ont même préféré mobiliser leurs ressources pour revenir en politique, parfois même à la magistrature ...
Lire la suite ... |
|
| |
 |
La Parité au Sénégal : un concept mal maîtrisé
et les limites du mouvement social féminin
Les partisans et les opposants aux mesures en faveur de l'égalité en politique utilisent, tour à tour dans le débat, des arguments relevant de la logique de l'action positive ou de la parité, sans réellement faire de distinction entre les deux types de mesure. C'est pourquoi, aussi bien au Sénégal qu'en France, on assiste à un abus dans l'usage du concept.
Au Sénégal comme en France il y a eu tromperie sur la marchandise, car Abdoulaye Wade en utilisant le concept de parité pour les listes législatives ne garantissait aux femmes que 30 places sur 150 soit 20%; tandis que Nicolas Sarkozy après son discours de campagne sur la parité a formé un gouvernement avec seulement 7 femmes sur 20 ministres et secrétaires d'Etats, ce qui
revient à 35% de femmes.
Cet abus dans le langage est imputable à la nature du sujet, car si la parité est un concept
opératoire il est aussi un concept politique. La parité est un concept opératoire car elle renvoie à une répartition égale du nombre de femmes et d'hommes dans un niveau hiérarchique ou dans une instance consultative ou de décision. En tant que notion tangible, elle évoque une égalité absolue en nombre de femmes et d'hommes, prête moins à confusion que des concepts comme, équité, complémentarité; discrimination positive et permet de tendre vers l'objectif d'égalité comme valeur centrale...
Lire la suite ... |
|
| |
|
|
 |